<![CDATA[NC]]> http://baknet.dzblog.com NC fr Fri, 18 Aug 2006 19:47:16 GMT Fri, 18 Aug 2006 19:47:16 GMT dzblog.com v0.2 <![CDATA[hamou&layachi a alger]]> http://baknet.dzblog.com/article-72502.html

 

 

 

 

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Fri, 18 Aug 2006 19:47:16 GMT http://baknet.dzblog.com/article-72502.html
caricatures http://baknet.dzblog.com/article-66842.html                                             

                                

               

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Thu, 27 Jul 2006 20:25:20 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66842.html
SECURITE INFORMATIQUE http://baknet.dzblog.com/article-66813.html
SECURITE INFORMATIQUE
 
 
Avoir un pc bien protége pour surfer sur le net le web est indispensable doit se résumer en trois points :
*     1-une protection anti-virus :
Elle sert à protéger votre ordinateur contre les vers, virus et chevaux de trois (trojan).
Certains logiciels anti-virus proposent plus de protection mais cela n’est pas forcement le mieux.
Par exemple les logiciels anti-virus les plus connus sont Norton et bitdefender.
Ces logiciels sont très efficaces mais peuvent faire ralentirez votre pc.
Il existe des logiciels gratuits et aussi efficaces que ceux-ci mais ils ne font pas ralentirez votre pc, comme avast. Une protection anti-virus elle est inefficace si elle n’est pas régulièrement mise a jour : pensez donc a le faire.
*     2-un pare-feu :
Un pare-feu est un logiciel qui bloc l’accès a Internet pour tous les programme sont autorises. Chaque logiciel (s’il a besoin) se connecte a Internet par un port : je ne vais pas trop détailler sur ce sujet étant donnes sa complexité, le pare-feu va donc bloque les logiciels souhaitant se connecter a Internet mais n’ayant pas l’autorisation .cela va permettre d’éviter que des logiciels espions se connectent ou envoient des données par Internet.
Sous Windows XP avec le service pack2, Microsoft nous propose un pare-feu assez efficace pour les utilisateurs non convaincus et n’utilisant pas Windows XP, il existe des pare-feu kério ou zone alarme.
*     3-un anti spyware :
Une spyware est un logiciel qui se camoufle dans les lignes de commandes des autres programmes et peut ainsi ne pas être bloques par le pare-feu.
Les spywares sont tres dangereux : ils peuvent envoyer des données (numéro de cartes bancaire, etc.)Par Internet sans que l’utilisateur s’en apercoive .il est donc indispensable d’êtres muni d’un logiciel anti-spyware comme ad-aware, spubot.
*     4-lien de telechargement de2s logiciels cites precedemment :
v     NORTON :
*http://www.01net.com/telecharger/windows/utilitaire/antivirus/fiches/21562.html
v    BITDEFENDER :
*http://www.01net.com/telecharger/windows/utilitaire/antivirus/fiches/21142.html
v     AVAST :
*http://www.01net.com/telecharger/windows/utilitaire/antivirus/fiches/25899.html
 
***kério :
*http://www.01net.com/telecharger/windows/internet_utilitaire/fiches/22418.html
****zone alarm :
http://www.01net.com/telecharger/windows/internet/interbet_utilitaire/fiches/10024.ht]]>
Thu, 27 Jul 2006 18:21:13 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66813.html
astuces informatique5: ASTUCES : 5 http://baknet.dzblog.com/article-66811.html
 
ASTUCES : 5
Devenir steganographe
Le cryptage n’est pas la seule solution pour sécuriser vos documents. Vous pouvez également dissimuler des information a l (intérieur d’un autre document ou d’une image.. c’est la technique que vous pouvez tester en chargeant la version d’assai du logiciel steganos sur www.demcom.com\english\steganos. une façon peut être plus ludique de concevoir la sécurité ? 
 
   astuce--- astuce---- astuce----- astuce----- astuce---- astuce ---- astuce----- astuce----- astuce
 
 
 
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Thu, 27 Jul 2006 18:17:34 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66811.html
astuces informatique4:Empêcher Internet explorer d'envoyer des informations à Microsoft http://baknet.dzblog.com/article-66810.html ASTUCES : 4
  
Empêcher Internet explorer d’envoyer des informations à Microsoft
 
Internet explorer est configure pour envoyer des information a Microsoft lorsqu’il est la cause d (une erreur système.
Pour empecher ce mouchard d’effectuer son travail, direction l’éditeur de registre (exécuter =>regedit)
Trouve la clé suivante :
HKEY_LOCAL_MACHINE\SOFTWARE\Microsoft\internetexplorer\main
Dans cette clé, créer une valeur DWORD que vous nommerez IEwatsonDisabled est a laquelle vous donnez la valeur 0(inactive).
 
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Thu, 27 Jul 2006 18:15:01 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66810.html
astuces informatique3:Tester ses barrettes mémoires avec memtest86 http://baknet.dzblog.com/article-66808.html ASTUCES : 3
 
Tester ses barrettes mémoires avec memtest86
 
Memtest86 permet de diagnostiquer la mémoire d’un pc en lui appliquant une série de tests dans le dut de détecter des erreurs que le BIOS na voit pas.
Il est en effet possible que le BIOS de votre carte mère détectes et compte correctement la RAM de votre PC mais qu’une barrette soit défectueuse et inutilisable par votre système d’exploitation.
Télécharger ce programme : télécharger memtest86 version 3.0
(http://www.tpipc.com/downloads/memtest86/memt30.zip)
 
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Thu, 27 Jul 2006 18:13:20 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66808.html
astuces informatique2:Daemon tools : émulateur de lecteur CD-ROM et DVD rom : http://baknet.dzblog.com/article-66807.html ASTUCES : 2
 
Daemon tools : émulateur de lecteur CD-ROM et DVD rom :
 
Daemon tools est un logiciel d’émulateur CD-ROM et DVD-ROM à partir d’une image disque.
Daemon tools crée un lecteur CD\DVD virtuel dans votre explorateur et vous*s permet d’y charger des images CD (il reconnaît la plupart des formats : ISO, CUE, CCD………..et la plupart des protections).
Grâce à cet utilitaire, vous pourrez créer des dizaines de CD\DVD virtuels de vos jeux ou applications favorites sans plus avoir besoin d’utiliser le CD ou DVD.
Il vous suffit de créer une image (grâce à un logiciel de graveur) pour chaque application dont vous souhaitez assigner un lecteur virtuel.
Téléchargement : télécharger daemon tools 3.46.
(http://www.znet.fr/télécharger/Windows/fichier/fiche/0.39021313,11010677s,00.htm)
 
 
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Thu, 27 Jul 2006 18:09:22 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66807.html
astuces informatique 1:Ouvrir les fichiers pdf plus rapidement : http://baknet.dzblog.com/article-66805.html Ouvrir les fichiers pdf plus rapidement :
 
Adobe acrobat reader est sans doute le logiciel le plus utilise pour lire les fichiers PDF mais celui-ci peut s’avérer lent a l’ouverture d’un fichier.
Il existe néanmoins une solution pour accélérer quelque peu le temps d’ouverture d’un fichier PDF : désactive la page d’accueil du logiciel pour ce faire ouvrez adobe acrobat reader :
--allez sur le menu **édition ** ;
---ensuite sur**préférence ** ;
----sélectionnez **démarrage** ;
-----et en fin décochez ‘’affiche l’écran d’introduction ‘’’ ;
L’ouverture de fichiers PDF sera ainsi plus rapide.
 
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Thu, 27 Jul 2006 18:06:28 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66805.html
HISTOIR KABYLE http://baknet.dzblog.com/article-66544.html
Histoire kabyle
Il se rencontre encore un peu partout dans le monde de ces minorités ethniques ou linguistiques qui, tantôt instinctivement, tantôt consciemment, se sont opposées à toutes les tentatives d’absorption et en ont triomphé finalement. Il semble même que l’univers hostile dont elles sont entourées contribue largement à durcir leur résistance et à leur forger une personnalité nettement dégagée, originale jusque dans les manifestations les plus simples. C’est le cas des Kabyles en Algérie. Reste du grand peuple berbère dont le domaine s’étendait de l’Égypte à l’Atlantique et de la Méditerranée à l’Afrique noire, ils forment un groupement humain bien distinct par le territoire (la Kabylie), un mode de vie propre, une langue, une littérature et des traditions communes. Autant d’éléments constitutifs d’une nationalité toujours en puissance, mais jamais pleinement réalisée, dont la connaissance est indispensable pour qui veut comprendre certains problèmes posés à l’Algérie indépendante.   
 
Kabylie
Le nom de Kabylie est la forme européanisée de l’arabe kbayl  (tribus). Il ne semble pas que les historiens et les géographes d’expression arabe s’en soient servi dans leur nomenclature pour désigner une région quelconque de la Berbérie au Moyen Âge. Cette dénomination a été introduite par des voyageurs européens. De nos jours encore, seuls en usent en Algérie les sujets s’exprimant en français. L’arabophone dira blad lekbayl  (pays des tribus), kbayl  étant traité ici en véritable nom propre. Quant aux Kabyles eux-mêmes, ils emploient un terme appartenant au très ancien fonds berbère : tamourt , la terre, la terre natale, la patrie, le pays.
Ce tamourt  n’a jamais connu de frontières bien définies. Il eût fallu pour cela qu’il se constituât en État, et les Kabyles ont été de tout temps farouchement opposés à une hégémonie politique qui eût rendu impossible à leurs yeux l’application d’un principe de gouvernement solidement ancré dans leurs mœurs : le contrôle direct et rigoureux d’un pouvoir central électif. Le rejet d’une autorité commune de quelque importance ne signifiait cependant pas absence de cohésion. Morcelée à l’intérieur, la Kabylie n’offrait pas moins l’image d’un bloc, agissant en tant que tel, solidaire certes de l’ensemble algérien qu’elle a incarné plus d’une fois, mais sans jamais cesser de s’en distinguer. Elle servait de refuge le plus sûr aux populations des plaines fuyant devant l’envahisseur, ensuite de base de résistance et de récupération quand la puissance de l’ennemi était émoussée et que sonnait l’heure de la libération. Dans ces conditions, suivant les vicissitudes politiques et militaires, elle s’accroissait et englobait de larges lambeaux de plaines, ou se réduisait aux seuls pitons d’où l’on pouvait narguer soit l’ennemi soit un pouvoir central trop éloigné et anonyme, parfois nominalement reconnu, mais rejeté en la personne de son administration.
 
Evolution
La lecture des auteurs anciens montre, en effet, une Kabylie tantôt cernée et réduite à ses seules montagnes inaccessibles, tantôt jetant sur les plaines ses guerriers qui contraignaient les colons à se regrouper dans les villes fortifiées et les légions à reculer, à " regagner leurs quartiers d’hiver " selon la pudique expression des historiens latins. Le même spectacle est offert au Moyen Âge successivement avec les Vandales, les Byzantins et les Arabes.
L’historien des Berbères, Ibn Khaldun, fournit des indications précieuses sur la formation et l’évolution du bloc montagnard kabyle entre le VIIIe et le XIVe siècle. Jusqu’au XIe siècle, le domaine kabyle s’étendait sur un vaste territoire compris entre Annaba (Bône) et Cherchell au nord, et les monts sahariens au sud. Trois groupements berbères importants s’y côtoyaient, unis par un même dialecte et des alliances politiques plus ou moins durables : les Sanhadja à l’ouest de Dellys, les Zouaoua à l’est jusqu’au port de Béjaia (Bougie) et les Ketama entre ce dernier et celui de Annaba. À partir de la seconde moitié du XIe siècle, il ne cessera de se rétrécir, d’abord sous les coups de boutoir des Arabes (Banu Hilal et Banu Soulaym) venus d’Égypte, ensuite sous la pression des dynasties berbères qui se succédèrent en Afrique du Nord entre le XIIe et le XIVe siècle. Plus ouverts, l’Est, l’Ouest et le Sud en souffrirent tout particulièrement. À la fin du siècle, il ne restait plus des trois grandes confédérations que celle du centre, la Zouaoua, amputée de ses hauts plateaux, mais héritant sur ses flancs de quelques débris des territoires peuplés par ses anciens alliés dont elle reçut le flot de réfugiés. Elle occupait alors un quadrilatère compris entre l’oued Agrioum à l’est, l’oued Boudouaou à l’ouest, la Méditerranée au nord, et une ligne allant de Sétif à Sidi-Aïssa au sud.
Ces limites ne subiront plus de changement notable. L’installation de quelques bordjs par les Turcs à l’intérieur, dès la première moitié du XVIe siècle, ne semble pas avoir mis en cause le principe de l’existence en Algérie d’une Kabylie autonome sur les terres de laquelle s’étaient constituées trois principautés dans le dernier quart du siècle précédent : Kokou, Abbès et Juber. Leur reconnaissance tacite par les représentants de la Porte à Alger fut une étape importante dans la formation de la Kabylie. Ils en fixèrent approximativement les frontières que trouveront les Français au début du XIXe siècle. Quand le pouvoir des deys s’effondra en 1830, les Kabyles tentèrent encore une fois, mais sans succès, de rompre l’encerclement et de recouvrer les riches plaines dont ils avaient été dépossédés. D’ailleurs les Français, soucieux de neutraliser au début de la conquête de l’Algérie une population nombreuse, organisée et belliqueuse, ne les en dissuadèrent pas immédiatement. Ernest Carette a laissé un témoignage fort intéressant : " L’absence complète de définition donnait lieu aux interprétations les plus élastiques, aux assimilations les plus erronées. Chaque coin de terre peuplé de Kabyles devenait partie intégrante de la Kabylie. Quelques personnes comprenaient sous ce nom tout le littoral depuis Dellys jusqu’à Philippeville, d’autres l’étendaient encore dans l’Ouest et y faisaient entrer le Dahra et l’Ouarsenis. La Kabylie s’allongeait démesurément. Ayant échappé à l’invasion, elle devenait envahissante à son tour " (Études sur la Kabylie , 1849). En fait, elle n’échappa pas à l’invasion ; on crut même qu’elle disparaissait à jamais. Le colonel Robin pouvait tranquillement écrire en 1901 : " Ainsi s’est effondré en quelques années l’édifice séculaire des libertés traditionnelles qui avaient résisté pendant des milliers d’années aux armées des conquérants [...] Finis Kabyliae !  " En effet, pour mieux l’asservir, la puissance colonisatrice désorganisa ses structures politiques et économiques. Elle pensait l’avoir détruite ; elle ne réussit qu’à lui donner plus de cohésion. Les tribus et les confédérations ayant disparu, les Kabyles cherchèrent et parvinrent à communier dans une Kabylie indivisible.
Région
La Kabylie est une région accidentée, parcourue d’ouest en est par deux chaînes de montagnes se rejoignant à leurs extrémités. 
Dans la partie sud se dresse le massif le plus imposant, culminant à Lalla-Khedidja      (2 308 m), le plus célèbre depuis l’Antiquité : le mons Ferratus  ( ?) des Anciens, le Djurdjura des relations des Européens ; il finit même par désigner toute la Kabylie. Il décrit un véritable arc de cercle autour des Zouaoua. À l’ouest, il se prolonge en obliquant vers le nord par les monts Maatka auxquels s’adossent les chaînons du Boubrak, qui séparent la vallée de Sebaou de celle de l’Isser. À l’est, il est relayé par deux contreforts, l’un prenant la direction du nord-est jusqu’au voisinage de Béjaia, l’autre celle du sud-est jusqu’aux abords de Sétif.
La seconde chaîne de montagnes de la Kabylie, qui porte souvent le nom de tribus peuplant ses versants est appelée communément chaîne du littoral, suit la côte entre Dellys et le nord de Béjaia. Elle est moins imposante que la première dont elle ne constitue que les prolongements en direction du nord. En effet, il n’y a guère de véritables plaines entre ces deux massifs. Chaînons et mamelons se rejoignent de part et d’autre, s’enchevêtrent et se confondent. De sorte que l’ensemble se présente sous la forme d’une masse compacte, d’une vaste plate-forme à laquelle on accède par un petit nombre de déchirures qui en constituent les vallées les plus larges. Le sol en est pauvre, mais suffisamment arrosé pour permettre une mise en valeur de chaque pouce de terrain par une population en surnombre d’agriculteurs sédentaires. 
 
 
 
Economie
Les Kabyles sont des paysans essentiellement arboriculteurs en raison de la nature de leur sol qui n’est qu’un vaste réseau de montagnes. Sur les pentes aménagées, ils font croître l’olivier et le figuier qui, immédiatement après le chêne zen, occupent les plus grandes surfaces. Jusqu’à la fin du XIXe siècle, la culture de ces deux arbres tenait la place la plus importante dans les occupations et le revenu des Kabyles. Ils consommaient une partie de leur production d’huile et de figues et commercialisaient l’autre. On fait venir aussi en Kabylie presque tous les types d’arbres fruitiers représentés dans le bassin méditerranéen. Mais à l’exception du raisin de table, du cerisier et de l’amandier, leur produit n’entre guère en ligne de compte dans le budget familial. Quant à la culture des céréales, seuls s’y adonnaient sérieusement quelques privilégiés, propriétaires dans les vallées. Et celles-ci ayant été concédées dans certaines régions à des colons européens à la suite du soulèvement de 1871, les Kabyles furent réduits à importer les neuf dixièmes environ de leur consommation d’orge, de blé et de légumes secs. Il n’existe pas de prairies ni de terrains de parcours en Kabylie. Aussi l’élevage y est-il limité à quelques maigres troupeaux de chèvres, rarement de moutons et de bovins. Ainsi, nature du sol et exiguïté du territoire devaient assez tôt contraindre les Kabyles à s’adonner à des occupations autres que l’agriculture.
Jusqu’au XIXe siècle, ils complétaient leurs maigres revenus agricoles par l’émigration temporaire et l’exercice de plusieurs industries artisanales, notamment celles des armes, du bois et du tissage. Les deux premières disparurent en même temps que la perte de l’indépendance, les forêts ayant été expropriées et les fabriques d’armes fermées par la puissance colonisatrice. Bien qu’il ne cesse pas de régresser, concurrencé par les étoffes venues d’Europe, le tissage s’est maintenu grâce au port du burnous et à la confection de couvertures en laine encore fort appréciées des Kabyles. Mais il ne constitue pas, comme par le passé, une source importante de revenus. À part la bijouterie, d’ailleurs en voie de disparition, l’artisanat kabyle a vécu.
L’émigration, elle, et pour cause, a évolué dans un sens tout à fait opposé. Bien avant l’arrivée des Français, les Kabyles sillonnaient toute l’Algérie et une partie de la Tunisie, exerçant les métiers les plus divers, mais ne se fixant que très rarement en dehors de la Kabylie. La colonisation et le progrès technique rendirent l’émigration impérieuse et massive. De nos jours, les trois quarts environ des hommes kabyles valides et en âge de travailler vivent hors de la Kabylie vers laquelle cependant sont tendus tous leurs efforts. Le manœuvre de chez Renault à Paris, comme le plus haut fonctionnaire de l’État algérien sont, en effet, animés par un seul et même but : faire vivre la Kabylie, le premier en envoyant des sommes d’argent durement amassées, le second en s’y construisant une résidence, en faisant assurer à gros frais l’entretien de terrains dont il sait d’avance qu’il ne retirera aucun profit, enfin en casant les enfants du pays qui, d’ailleurs, demeurent toujours ses égaux et devant lesquels il doit se dépouiller de tout le prestige que lui confère sa position dans la hiérarchie du pouvoir politique.
Peuple
À quel moment le nom kbayl  francisé en Kabyles s’appliqua-t-il aux habitants de cette masse de montagnes dominées par le Djurdjura ? Ibn Khaldun n’en use pas au XIVe siècle dans son Histoire des Berbères . Ni Luis del Mármol ni Léon l’Africain au XVIe siècle ne mentionnent les Kabyles pour désigner les Berbères d’une région déterminée de l’Afrique du Nord. Reprenant la tradition khaldunienne, Mármol appelle " Azouagues " (Zouaoua) les habitants du littoral algérien. Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que " Kabyle " fait son apparition comme nom propre dans la littérature historique et géographique de l’Afrique du Nord. Le voyageur anglais Thomas Shaw, dans ses Travels , appelle de ce nom tous les Berbères de l’Algérie septentrionale : " À en juger par la situation et l’idiome propre et particulier des Kabyles, qui diffère matériellement de l’arabe, on est porté à croire que c’est le seul peuple de la Barbarie qui ait quelque analogie avec les anciens habitants de l’Afrique. " Et à propos des Zouaoua, on peut lire sous la plume du même auteur : " Les zouôouh [sic ], qui sont les plus nombreux et les plus riches Kabyles de cette province [Constantine], habitent les montagnes inaccessibles à l’est, du Sebôe [Sebaou]. " Au XIXe siècle, l’occupation française consacra définitivement le nom, d’abord pour désigner les Berbères de l’Algérie septentrionale, ensuite uniquement ceux du Djurdjura et de ses prolongements. On les appelle bien encore Zouaoua, mais accessoirement ; ils sont kabyles avant tout. C’est sous ce nom qu’ils firent leur entrée dans l’histoire moderne.
Village
Les Kabyles vivent encore groupés en villages généralement assez importants, pouvant atteindre plusieurs milliers d’âmes et ne descendant que rarement au-dessous de cinq cents, et bâtis sur les pitons de montagnes ou sur les sommets de mamelons séparant les vallées. Qu’ils soient de forme allongée ou circulaire, ils ont été conçus de façon à pouvoir être efficacement défendus, du moins avant que l’artillerie ne fasse son apparition. Ils portent le nom de touddar , pluriel de taddart  (vie, du radical dr , vivre, que l’on retrouve avec ce sens dans tous les dialectes berbères). Les maisons, toutes en dur, généralement sans étage, couvertes de tuiles rouges, s’écrasent les unes sur les autres au point que, vues de loin, elles donnent l’impression de n’en former qu’une seule, immense. Le village, zébré à l’intérieur par de nombreuses impasses, souvent taillées dans le roc, n’ouvre sur l’extérieur que par deux ou trois rues. Il est très rare qu’il soit entouré d’une muraille. Sans doute se modernise-t-il chaque jour, mais, dans l’ensemble, son visage n’a pas changé.
Il y a un peu plus d’un siècle, ce village constituait une unité politique et administrative complète, un corps qui avait sa propre autonomie. Il était administré par une assemblée (djemaa ) composée de tous les citoyens en âge de porter les armes ; elle assurait le respect des règlements en vigueur, abrogeait les anciens et en édictait de nouveaux si le besoin s’en faisait sentir ; elle décidait de l’impôt et de la guerre, administrait les biens de mainmorte et exerçait sans partage le pouvoir judiciaire. Par délégation, elle se déchargeait de l’exercice de ces pouvoirs sur un chef de l’exécutif appelé, suivant les régions, lamin (homme de confiance), amukran (ancien, dignitaire), ameksa (pasteur), élu par tous les citoyens majeurs réunis en assemblée plénière. Il présidait la djemaa , assurait la mise en application de ses décisions et préparait les affaires à lui soumettre. Il était assisté dans ses fonctions par un oukil  et des tamen . L’oukil , généralement recruté au sein du parti hostile à celui du lamin , gérait la caisse publique et contrôlait les agissements du chef de l’exécutif. Les tamen  (mandataires) étaient désignés par les fractions du village pour les représenter dans les réunions restreintes et faire appliquer les décisions de l’assemblée, qui étaient prises en réunion plénière après des débats où tout citoyen, sans distinction de condition sociale, pouvait émettre et défendre ses opinions sur tel ou tel problème, proposer des solutions, voire s’opposer à l’exécutif. La continuité de cette organisation politico-administrative était assurée par les kanoun , sortes de chartes dont certaines dispositions fondamentales doivent remonter aux temps les plus reculés. Bien que non écrits, ils représentaient l’autorité matérielle la plus élevée et prenaient le pas sur la religion même.
Malaise
Le village kabyle de type traditionnel n’existe plus. Son assemblée perdit progressivement ses prérogatives entre 1857 et 1962. Son lamin  fut fonctionnarisé et ses kanoun  interdits. Après l’indépendance de l’Algérie, l’organisation des communes mit fin aux assemblées de villages. Cela ne va pas sans difficulté. Les Kabyles, qui ont toujours été très attachés à l’indépendance, peuvent-ils s’adapter à un système de gouvernement, fût-il " démocratique et populaire ", où le citoyen ne jouit d’aucune liberté individuelle ? Leur rébellion au lendemain de l’indépendance et leurs réserves à l’égard du pouvoir actuel traduisent un malaise qui ne trouvera sa solution que dans la reconnaissance du fait kabyle. Mais il ne semble pas que l’on s’oriente dans ce sens. L’acharnement que l’on met à vouloir détruire la langue kabyle en est une des preuves. Or, après la disparition des institutions politiques de la Kabylie, son originalité ne réside plus que dans la langue, instrument de résistance efficace dans le passé, non à l’époque moderne où l’instruction publique généralisée favorise les hégémonies linguistiques.
Langue
La langue kabyle est le dialecte berbère parlé par le plus grand nombre de berbérophones en Algérie. Dans les montagnes on ne connaît pas d’autre mode d’expression quotidien, et dans les villes comme Alger, Constantine, Sétif, Béjaia et Annaba, peuplées pour moitié de Kabyles, elle est employée au foyer et accessoirement dans la rue. Mais elle n’est ni écrite ni enseignée. Jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle, aucun Kabyle ne s’y intéressa sérieusement. Ce sont les Européens qui, les premiers, lui accordèrent quelque intérêt : d’abord des militaires intéressés ou désoeuvrés ou des diplomates curieux, puis des linguistes, rarement, hélas ! des hommes de lettres. C’est grâce à leurs travaux et à ceux de quelques pionniers kabyles qu’un travail sur la littérature kabyle est devenu possible.
Essentiellement orale encore, la littérature kabyle est représentée par deux genres majeurs : la poésie et le conte. L’une et l’autre se transmettent dans une langue sensiblement différente de la quotidienne, archaïque par certains côtés, à la pointe du modernisme par d’autres, ce qui lui donne un cachet littéraire sans constituer un obstacle à sa compréhension par tous les Kabyles. Plus consciente, cependant, la poésie semble avoir le pas sur le conte qui n’a pas encore débouché sur la prose artistique ; en cela la littérature kabyle confirme cette loi de l’histoire littéraire : toute littérature commence par la poésie.
La langue "selon Gilbert Grandguillaume" «  Une langue n'est vraiment telle que dans la mesure où elle peut exprimer les mythes, transmette les systèmes symboliques qui sont la réponse d'une tradition aux questions fondamentales que se posent les individus et qui ne sont pas l'objet du savoir rationnel, telles que celles qui concernent l'origine et la fin de la vie, l'identité et la différence des sexes. » 
Contes
À l’exemple de tous les peuples, les Berbères ont leurs contes merveilleux et leurs contes d’animaux. L’historien Ibn Khaldun fut particulièrement frappé, au XIVe siècle, par l’abondance de récits légendaires circulant parmi eux. Après en avoir résumé un, il conclut : " De semblables récits sont en si grand nombre que si l’on s’était donné la peine de les consigner on en aurait rempli des volumes. " Certains de ces récits subsistent, mais, comme pour la poésie, les Kabyles ne songèrent jamais avant le XIXe siècle à les transcrire. Plus que la poésie, ils demeurent encore rivés au domaine de l’oral, peut-être à cause de leurs fonctions, de leur évolution lente et des interdits dont ils sont frappés. Les premiers contes kabyles transcrits en caractères latins par W. Hodgson au début du siècle dernier n’ont pas encore été édités. Il en est de même des trois cahiers de Contes populaires de la Kabylie du Jurjura  dont le père Rivière donna une traduction partielle en 1882. En 1897, Leblanc de Prébois en publiait quelques-uns accompagnés d’une traduction. Mais le grand mérite dans cette entreprise de sauvetage revient incontestablement à Auguste Mouliéras qui, entre 1893 et 1897, faisait paraître deux gros volumes de textes kabyles sous le titre de Légendes et contes merveilleux de la Grande Kabylie , dont Camille Lacoste a donné une traduction intégrale en 1965. Depuis 1945, de nombreux contes kabyles ont été publiés dans le Fichier de documentation berbère de Fort-National, que dirige le père Dallet.
Le conte kabyle baigne dans une atmosphère de culture orale ; il instruit et peut intervenir à tous les niveaux de l’activité sociale. Il n’est pas rare, par exemple, qu’une assemblée de Kabyles débute ou se termine par un épisode de conte. Même les contes d’animaux, réputés pour leur gratuité, portent en eux le souci moralisateur propre au caractère kabyle. Tous sont dits en une prose dont la dimension esthétique n’est pas consciente. On ne peut pas nier qu’il y ait eu dans le passé volonté de bien dire. Quand le récit est transmis dans sa forme ancienne, ou reconstitué, il s’en dégage un net souci de structure logique et la langue en est relevée sinon recherchée, sans que cela nuise à l’une de ses qualités essentielles, la spontanéité. Ces qualités sont sensibles dans les récits mis au goût du jour depuis un peu plus d’un siècle. D’ailleurs, le conte, qui a déjà subi des dégradations, semble engagé, bien que timidement, dans une voie qui pourrait déboucher sur la naissance d’une prose consciemment élaborée. Le mérite en revient à Bélaïd Aït Ali, dont les pères Blancs ont publié, en 1964, Les Cahiers ou la Kabylie d’antan . Dans une prose empruntée au conte, mais retravaillée et soumise à la contrainte qu’impose la volonté de l’écrit littéraire, ce Kabyle de culture française a raconté des histoires qui tiennent à la fois du conte, du roman et de la confession, Déjà avant lui, mais avec moins de talent, Belkassem Bensédira avait, à la fin du siècle dernier, écrit des fables anciennes dans une prose littéraire. Ces deux tentatives demeurent encore isolées, de même que celle de Boulifa qui, au début de ce siècle, a composé un ouvrage en prose sur la Kabylie. La prose de ces trois pionniers se situe à mi-chemin entre celle du conte, dépouillée et concrète, et une prose moderne, imagée et plus intellectuelle. La littérature
kabyle ne survivra que dans la mesure où cette tendance s’affirme et se développe. L’assouplissement de leur langue par la pratique permettra alors aux Kabyles d’accéder à la culture à travers leur moyen d’expression naturel.
La femme Kabyle
Parallèlement à un discours " misogyne " dominant, il existe un contre-discours valorisant la femme kabyle qui la représente comme le soc de la maison (à l'origine de toute fécondité), la poutre maîtresse du foyer, etc. Les lois ancestrales sont néanmoins dures à son égard puisqu'elles lui suppriment même ce que le droit musulman lui accorde, et cela pour des raisons historiques. En effet, au XVIIIe siècle, certains combattants kabyles partis faire la guerre aux Espagnols trouvèrent, de retour chez eux, leurs femmes remariées et leurs terres propriétés des nouveaux maris. Les tribus des Igawawen se réunirent alors et décidèrent l'exhérédation des femmes. De nos jours, la jeune femme kabyle essaie, de par son accès relatif aux études et au travail salarié, d'imposer une image et un statut différents. On ne peut conclure cette description à grands traits de la Kabylie sans signaler les modifications des structures profondes de la personnalité kabyle. Des mutations, décisives, ont contribué à ébranler l'ancien système. Les codes de valeur ont changé, les modes de création et de transmission aussi. Bien que dominante encore, l'oralité cohabite désormais avec l'écrit: une production littéraire (romans, poésie, théâtre, nouvelles. ..) s'impose parallèlement à la transcription de corpus oraux - entamée depuis plus d'un siècle - qui fixe les textes anciens. Dans ce transfert, quelque chose du passé traditionnel est-il, à jamais, en train de céder la place à une nouvelle civilisation ? ou bien celle-ci émergera-t-elle des sèves anciennes de la civilisation nourricière?
 
Bijoux
L'histoire de l'humanité ne se compte pas sans l'histoire de la bijouterie. A l'instar de la représentation picturale, la fabrication de bijoux est l'un des arts les plus anciens du monde. Certains peuples se paraient de coquillages, de pierres ou de fleurs afin de se procurer le pouvoir magique qu'ils attribuaient à ces bijoux. Les pouvoirs magiques et symboliques conférés aux bijoux jalonnent l'histoire de l'humanité.
 
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Wed, 26 Jul 2006 17:54:04 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66544.html
MOULOUD MAMMERI http://baknet.dzblog.com/article-66543.html Portrait de Mouloud Mammeri
Introduction.
Mouloud Mammeri est considéré, à juste titre, comme l'un des plus grands écrivains de culture amazighe du vingtième siècle. Son oeuvre est multiforme : grand érudit de la langue tamazight, il laisse des précis de grammaire, de nombreux articles mais il est aussi un remarquable romancier. En outre, son engagement social pour la cause amazighe est exemplaire.
Biographie.
Mouloud Mammeri (son nom en langue tamazight est Lmulud ath M'ammar)  est né le 28 décembre 1917 à Touarit Mimoun (Twarit Mimun). Il passe son enfance dans ce village de Kabylie. Son père, Salem Aït Mammer est un amusnaw (sage kabyle, qui pratique tamousni, l'ancienne sagesse). Mouloud Mammeri garde des contacts intellectuels étroit avec lui, jusqu'à sa mort en 1972 ainsi qu'avec Sidi Lounas Aït Sidi Ali-ou-Yahia. Ce dernier, mort en 1970, est aussi un amusnaw qui était le disciple du père de Mouloud Mammeri. On comprend pourquoi on a surnommé l'écrivain Dda Lmulud : Dda (ou Dada) signifie en tamazigh "Le sage". Il a obtenu cette sagesse dans la tradition ancienne encore préservée.
Il fait ses études primaires à l'école communale de son village. En 1928, à l'âge de onze ans, il se rend chez son oncle et suit ses études secondaires au lycée Gouraud à Rabah jusqu'en 1934. Ensuite il fréquente le Lycée Bugeaud à Alger (ce lycée est maintenant le lycée Abdelkader). Puis, il obtient une licence de lettres à la Sorbonne à Paris. Il commence à publier ses premiers articles sur la question amazighe dans la revue Aguedal. Il s'apprêtait à préparer le concours de l'Ecole Normale quand la seconde guerre mondiale éclate.  Il est mobilisé une première fois en 1939, et affecté au neuvième régiment de tirailleurs algériens. En 1940, à la fin de la "drôle de guerre" il retourne en Algérie et s'inscrit à la Faculté de Lettres d'Alger dans le but de poursuivre ses études. Mais en 1942, il est à nouveau mobilisé, lors du déparquement américain en Algérie. Il participe à ce titre aux campagnes d'Italie, de France et d'Allemagne. En 1945, il prépare à Paris le concours au Professorat de Lettres, qu'il obtient en 1947. Il retourne en Algérie et enseigne d'abord à Médéa, puis au lycée Ben Aknoun, à Alger. Il milite alors activement contre la colonisation et pour la libération de l'Afrique du Nord. Il entre dans la guerre d'indépendance sous le pseudonyme de Si Bouakaz. En 1957, il s'engage politiquement et adhère au FLN. Entre autres, il rédige un rapport sur la question algérienne qui parvient à l'ONU et connaît un grand écho. Recherché par les autorités françaises, il doit se réfugier au Maroc. Il devient professeur au lycée Burgeaud à Fès.
En 1962, à l'indépendance de l'Algérie, il revient dans son pays natal. Il enseigne le tamazight à l'Université d'Alger. Il s'écarte ensuite du FLN, après la suppression de son poste d'enseignant.
C'est à la fin des années cinquante qu'il rencontre un jeune sociologue français alors inconnu, du nom de Pierre Bourdieu. Une amitié indéfectible se noue entre les deux hommes, qui, pendant trente ans travaillent ensemble. C'est Mouloud Mammeri qui enseigne le tamazight à Pierre Bourdieu, mais aussi lui donne accès à la connaissance profonde de la culture amazighe. Cette partie de l'œuvre de Bourdieu, concernant l'ethno-sociologie est d'une grande fécondité. Mouloud Mammeri considérait d'ailleurs Pierre Bourdieu comme un sage kabyle d'honneur. Ce qui reliait les deux hommes était sans doute autant leur curiosité intellectuelle que leur lucidité.
De 1969 à 1978, Mouloud Mammeri est nommé directeur du CRAPE (Centre de Recherche Anthropologique Préhistorique et Ethnographique). Ce centre existait déjà du temps de la colonisation française, mais l'indépendance l'avait vidé des quelques préhistoriens français de valeurs qui le composaient et était moribond. Mouloud Mammeri montre son dynamisme en le redressant de main de maître. Il commence par recruter de jeunes diplômés algériens qui reprennent progressivement les fouilles archéologiques. Il y développe  des recherches en ethnologie, en anthropologie et en sociologie. Surtout, il révèle au grand jour l'ancienne société amazighe, toujours présente en Algérie. Il finit par s'attirer des ennuis avec les autorités, qui n'acceptent pas qu'il mette en lumière la permanence d'une société rurale en opposition avec l'idéologie arabiste du pouvoir. Dans ces écrits Mouloud Mammeri annonce pourtant les difficultés de la mutation du monde rural, il soulève des questions sur l'enseignement, sur l'avenir économique du pays. En 1978, la sanction tombe : il est mis en retraite anticipé, et un autre directeur, qui ne fera pas date, est nommé à sa place.
En 1980 Mouloud Mammeri met toute son autorité au service de la culture amazighe. Il est l'initiateur d'une conférence sur la poésie ancienne kabyle. Cette conférence est interdite, et provoque une prise de conscience populaire. La Kabylie se révolte, et c'est le Printemps berbère, le premier soulèvement des Kabyles depuis l'indépendance algérienne. Le pouvoir accuse alors Mouloud Mammeri de vouloir faire renaître une culture morte. Mouloud Mammeri y répond avec son style habituel : non seulement, il finit par tenir sa conférence sur la poésie ancienne, mais il multiplie les interventions sur la vivacité de la culture amazighe.
Il fonde en 1985 le CERAM (Centre d'Etudes et de Recherches Amazigh), et la revue Awal, avec Pierre Bourdieu  à Paris. Cette revue publie une série de textes qui sont encore pour la plupart des références sur la culture amazighe.
En 1989, Mouloud Mammeri meurt "accidentellement", le 26 février, à Aïn Defla. Sa voiture percute un arbre, dans des circonstances étranges. Cet arbre barrait curieusement la route et n'est sans doute pas tombé sans quelque intervention humaine.
L'oeuvre.
L'œuvre de Mouloud Mammeri est considérable. Articles dans des revues, romans,  mais aussi traités sur la langue tamazight, elle touche de nombreux domaines. Les questions sociales y occupent aussi une place importante. Le savoir de Mouloud Mammeri était immense à l'instar des anciens sages imazighen (imusnawen). Mais surtout son intelligence et sa lucidité en firent un homme de génie. A coté de son immense connaissance de la culture traditionnelle, sa grande ouverture d'esprit a fait qu'il ne s'est jamais laissé enfermer dans un carcan. Si la cause amazighe est évidemment pour lui centrale, son parcours montre qu'il cherche sans cesse de nouveaux territoires pour sa pensée. Avant tout écrivain, il a également une profonde connaissance des sciences humaines occidentales, sur lesquelles il jette un regard critique. Littérature et anthropologie étaient sans doute pour lui deux modes d'expression d'une même réalité. C'est pour cette raison que l'on a dit à juste titre qu'il a opéré à une re-prise de parole des Imazighen.
L'œuvre romanesque de Mouloud Mammeri est souvent sombre, d'autant qu'elle s'inspire largement de la réalité. Mais que dire de la formidable beauté qui se dégage en même temps de son écriture ? Rarement un écrivain n'a touché de si près la réalité humaine, avec sa grandeur mais aussi ses lâchetés.
La colline oubliée ( Editions Plon, Prix des quatre Jurys 1952, Réédition Folio, Gallimard, 1992) fut un grand succès à sa sortie en 1952. Ce livre se trouve encore facilement, et est une  oeuvre remarquable. Mouloud Mammeri y décrit la vie quotidienne dans un village de Kabylie durant la seconde guerre mondiale. D'une grande beauté, mais aussi d'une terrible lucidité, il décrit le tiraillement de personnes prises dans une réalité historique complexe, marqué par l'effondrement de la société traditionnelle et d'une guerre venue de l'Occident que manifestement personne ne comprend. Mouloud Mammeri pose des interrogations de fond sur le sens des sociétés (la tradition, la religion, la culture occidentale importée), sur le comportement des humains, et notamment les rapports entre hommes et femmes. La construction du livre est également étonnante : le personnage principal meurt au milieu du récit. Il s'exprime ensuite à titre posthume. Mais nous laisserons au lecteur la découverte de la suite. A sa sortie, ce livre jeta un trouble. En Algérie, il fut l'objet de vives critiques du mouvement nationaliste qui taxa Mouloud Mammeri d'allié de la colonisation avec des arguments ahurissants. Pour prouver son intégrité, il n'alla pas recevoir son prix et il répondit à ses détracteurs avec une grande force en démontant scrupuleusement tous leurs arguments. Il expliqua que son seul but avait été dans ce livre de montrer la réalité kabyle et il prouva que c'était justement l'expression de cette réalité qui dérangeait.
L'opium et le bâton (Editions Plon, 1965) est considéré comme le chef d'œuvre de Mouloud Mammeri. Sur la couverture de l'édition originale figure une tache rouge qui évoque le sang, et il est vrai que c'est un livre de sang. L'auteur analyse les relations humaines sous la guerre d'Algérie dans un village de Kabylie. Petites et grandes lâchetés, traîtrise, cruauté, mais aussi bonté, et nobles idéaux, certaines attitudes contradictoires pouvant cohabiter au sein d'un même personnage, sont décrits avec minutie. Les humains sont ici dépeints dans leur complexité avec une formidable lucidité. En même temps, c'est une photographie souvent très cruelle des événements, bien que l'auteur ne s'autorise aucun débordement.
Sur bien des points ce livre est dérangeant. Il dit ce que bien des gens ne veulent pas savoir de la guerre d'Algérie, à savoir la vérité. Non, les Français n'ont pas été systématiquement mauvais,  mais les militaires se sont parfois conduits avec une barbarie inqualifiable qui rappelle les pratiques nazies. Oui, les Algériens étaient dans leur droit, mais certains ont également eu comportements répugnants. C'est ici un constat cru qui n'épargne pas les lâches mais n'idéalise jamais les justes. 
La construction du roman est admirable. Plusieurs récits, dont on devine qu'ils sont tous liés, s'entrecroisent. Au fur et à mesure du livre, des relations entre eux deviennent comme un écheveau que le lecteur délie. Sans doute, la guerre d'Algérie fut-elle aussi cela : un jeu très complexe et particulièrement cruel de manipulations mortelles entre Français et fellaghas. Malheureusement non réédité, l'édition d'origine  peut être trouvée grâce à des librairies sur Internet.
Mouloud Mammeri est l'auteur de deux autre romans : Le sommeil du juste Editions Plon (non réédité à notre connaissance) et La traversée (1982), dont il existe une édition algérienne (Editions Talantikit, 2005).
Mouloud Mammeri a écrit également des nouvelles, tel Ameur des Arcades (Éditions Syros, La Découverte, 1991) dont on trouve une très belle édition illustrée quoique relativement coûteuse. Cette nouvelle relate l'histoire d'un orphelin, Ameur, qui se débrouille pour vivre, pas toujours très honnêtement, et est recueilli par une famille de colons français... Cette adoption est un échec, et l'on comprend très bien pourquoi à la fin... 
Concernant la langue tamazight, Mouloud Mammeri a publié une grammaire (Tajerrumt m Tmaziyt) et un lexique franco-touareg qui font autorité.
En poésie, on citera Les Isfra, transcription et traduction des  poèmes de Si Mohand-ou-Mhad, et les Poèmes kabyles anciens (Éditions Syros, La Découverte, 2001). Mouloud Mammeri s'est en effet toujours attaché à faire connaître l'ancienne poésie amazighe, dont il était un érudit et un défenseur acharné .
Très attachée à la tradition, il laisse aussi deux remarquables recueils de contes kabyles : Machaho et Telem Chaho (1980)
Presque quinze ans après sa mort, son oeuvre commence enfin à faire l'objet d'études universitaires. On regrettera qu'il n'y ait pas de publication d'e l'intégrale de ses oeuvres
 
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Wed, 26 Jul 2006 17:50:04 GMT http://baknet.dzblog.com/article-66543.html